Les projets du SUD2017

LES PROJETS ARTISTIQUES DU SUD2017

doual’art a déjà offert plus de 60 œuvres et évènements artistiques à la ville de Douala, principalement au cours des précédentes éditions de son festival international d’art public, le Salon Urbain de Douala – SUD.

La Communauté Urbaine de Douala et l’association doual’art organisent, du 5 au 10 décembre 2017, la 4ème édition du festival dont le thème est « La Place de l’Humain ».

Cécile Bourne-Farrell, commissaire générale du SUD2017, a sélectionné 16 artistes contemporains internationaux, dont 11 du continent africain. Les artistes invités relèvent le défi d’interpréter « La Place de l’Humain » dans l’espace public, avec des œuvres d’art inédites. Celles-ci suscitent chez l’habitant le désir de (se) réfléchir.

En novembre, les projets portés par les artistes  , seront finalisés. «  La Place de l’Humain » sera interprétée et matérialisée par des œuvres pérennes ou temporaires dans 4 arrondissements, 5 quartiers (Bonanjo, New Bell Ngangue, Bépanda, Ndogpassi III Bloc-Source, Nkongmondo) et 4 établissements scolaires de Douala (Lycée technique de Koumassi, Collège St-Michel, Lycée bilingue de Bépanda,  Ecole primaire New-Bell Aviation).

Simultanément, des rencontres Ars & Urbis coordonnées et animées par la curatrice Elvira Dyangani Ose et la philosophe-journaliste Séverine Kodjo-Grandvaux permettront de réfléchir sur les thématiques soulevées par les projets artistiques.

LES PROPOSITIONS ARTISTIQUES révèlent notre humanité autour de :

DUDH – La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est un instrument de régulation des relations entre les hommes et un outil d’émancipation des peuples.
Artistes : Lucas Grandin, Kamiel Verschuren, Jean-Jacques Kanté, Hervé Yamguen, Mustapha Akrim, Michèle Magema, Emile Youmbi, Hervé Youmbi, Erik Goengrich.

L’humain et l’histoire – L’humain a un rapport au passé. Nous sommes humains parce que nous avons une histoire, parce que nous portons une histoire, parce que nous appartenons à une trajectoire historique.
Artistes : Sylvie Blocher, Justin Ebanda, Jean David Nkot.

L’humain et l’urbain – L’humain a un rapport à l’espace et à l’autre. Le cadre de vie, selon son aménagement, renforce ou non notre humanité. Les aménageurs urbains stimulent (ou non) le vivre ensemble.
Artistes : Mustapha Akrim, Iván Argote, Justine Gaga, Michèle Magema, Trinity Session, Kamiel Verschuren.

Parole à la jeunesse – L’humain existe aussi par son récit et sa prise de parole publique. Cette parole partagée peut aussi l’aider à s’émanciper et à s’évader du réel… L’humain est capable d’utopie et de rêve.
Artistes : Erik Goengrich, Lucas Grandin et Kamiel Verschuren, Chourouk Hriech, Jean-Jacques Kanté, Trinity Session, Hervé Yamguen, Emile Youmbi, Hervé Youmbi.

(01) « Le Cercle »

Michèle Magema (Rdc/Fr)

Une placette aménagée autour d’un arbre électronique aux branchages solaires. L’oeuvre simulée sur panneau sera matérialisée et inaugurée en 2018.
L’artiste réalisera une performance « Mirza ».

(02) « Bien que je n’en aie pas le droit, je vous présente mes excuses »

Sylvie Blocher (Fr)

Sculpture recto-verso en aluminium accompagnée de deux vidéos HD : « Le combattant David Ekambi » (6’) et « Le pays qui avait trop de noms » (2’)

Un autoportrait de l’artiste en pieds brandissant une pancarte où est inscrite une phrase adressée au passé et au présent du Cameroun. L’œuvre est accompagnée de deux vidéos projetées à proximité rue Foch, face JP Graphique.

“Depuis toujours cette question hante mon travail : une personne ou un pays peuvent-ils se reconstruire ou s’émanciper s’ils n’ont pas reçu d’excuses de ceux qui les ont violentés, massacrés, exterminés ?” SB

(03) « The burden »

Justine Gaga (Cmr)

Une accumulation de roues et pneus sur lesquels sont collés des mots dénonçant les “ismes” (sexisme, népotisme…), portés par un pousse-pousse. L’oeuvre simulée sera matérialisée et inaugurée en 2018. L’artiste réalisera une performance « The Gift ».

(04) « Les Chaises de la Dignité »

Hervé Yamguen (Cmr)

6 bancs publics composés de signes représentant des notions inscrites dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Enfant. L’artiste redessine ces signes et textes sur une affiche pour large diffusion.

(05) « Station de la mémoire »

Justin Ebanda (Cmr)

Des phrases … des mots … des noms de personnages historiques, portraits reconstitués sur les parois d’un abri-bus abandonné, comme des fragments de souvenirs, bribes de mémoire de patriarches interviewés.

(06) « Living together »

Emile Youmbi (Cmr)

Des ballons empreints d’articles de la DUDH sont offerts à des passants puis relâchés. Geste de dépossession et de partage aléatoire avec ceux qui les recevront comme don du ciel.

(07) « DUDH »

Hervé Youmbi (Cmr)

5 articles de la DUDH choisis par des jeunes du quartier sont écrits dans leur langue, le CamFrAnglais, et imprimés sur des plaques signalétiques de rue.

(08) « Contes de Douala : Quoi l’humain ? »

Chourouk Hriech (Fr/Mr)

Chourouk Hriech pratique le dessin, exclusivement en noir et blanc, comme une promenade dans l’espace et le temps. Ses oeuvres, sur le papier, sur les murs, sur les objets qui nous entourent, appellent à la contemplation d’architectures anciennes et récentes, réelles et imaginaires, de personnages, d’animaux, de végétaux et de chimères. Ses dessins articulent et entrechoquent des motifs urbains, du quotidien, en suivant sereinement la course folle du monde, comme un désir de résistance et d’utopie.
Expo: Mamco, Genève, Suisse / MAC VAL, Vitry-sur-Seine, France / 8ème Biennale de Shanghai, Musée de Shanghai, Chine / Kunstnernes hus, Oslo, Norvège / 9eme Biennale de Marrakech, Projets parallèles, Maroc / Musée d’Art Contemporain de Lyon, France / Cìrculo de Bellas Artes, Madrid, Espagne
Musée d’art contemporain et Musée Cantini, Marseille
Représentée par la Galerie Anne Sarah Bénichou Paris et la Galerie l’Atelier21 à Casablanca

(09) « Dream Pressure Tester »

The Trinity Sessions (Za)

Des rêves recueillis auprès d’habitants du quartier sont projetés sur des ballons qui, petit à petit, par leur expansion, envahissent les espaces dans lesquels ils sont confinés.

(10) « Article n° 1 »

Mustapha Akrim (Mr)

Rythmique de termes extraits de l’article 1 de la DUDH, et mis en relief sur la façade du lycée technique de Koumassi.

(11) « Les dits et les non-dits »

Jean David Nkot (Cmr)

Sur la façade en trompe-l’oeil de la maison de Ruben Um Nyobe à Nkongmondo, sont inscrits, comme une profession de foi, des extraits typographiés de son discours à l’ONU. L’oeuvre est complétée par le journal « Archives du Cameroun » créé par l’artiste.

(12) « Bépanda, Regarde-toi ! »

Lucas Grandin (Fr)

2 miroirs en vis-à-vis offrent d’infinies possibilités de jouer et de se regarder entre les textes que les élèves ont été invités à extraire de la DUDH.

(13) « ARENA of Humanity and
the Right to Business »

Erik Goengrich (All)

Une placette circulaire, un espace d’expression sur les panneaux disposés dans l’arène où les élèves peuvent échanger sur leurs projections d’avenir professionnel.

(14) « Partage de différence »

Jean-Jacques Kanté (Cmr)

4 silhouettes aux lignes dessinées symbolisent, par l’échange de fanions et de langues, l’union et la concorde. La boîte à suggestion invite à glisser des pensées.

(15) « Les équipes des Nations Unies »

Kamiel Verschuren (Nl) & Lucas Grandin (Fr) 

Les sportifs deviennent les ambassadeurs d’articles de la DUDH, imprimés d’un graphisme minutieusement étudié sur leurs maillots.

(16) « Rewriting the Universal Declaration of Human Rights »

Kamiel Verschuren (NL)

Des articles de la DUDH en cours de rédaction, à la plume et à la machine, sont diffusés sur panneaux et écrans publicitaires dans toute la ville.

(17) « Empreinter les Voix »

 Chourouk Hriech (Fr/Mr) 

Les dessins de la ville sublimée sont imprimés sur les ombrelles protégeant les moto-taxis et circulent dans la cité comme des bandes poétiques flottantes.

(18) « Oui ma vie »

Iván Argote (Co/Fr)

Un long poème gravé sur des dalles recouvrant les caniveaux, que l’on découvre en marchant en toute sécurité.

 

 

 

 

 

 

 

Travelling exhibition Triennial SUD – Salon Urbain de Douala: addressing public space in the city of Douala, Cameroon

MAKING DOUALA 2007-2017
Travelling exhibition Triennial SUD

June 25th – July 9th, 2017
Ausstellungsraum Klingental
Kasernenstrasse 23, 4058 Basel, Switzerland

Opening: June 24th, 6pm
with an opening speech by Marilyn Douala Manga Bell, doual’art and the book presentation of Public Art in Africa. Art et transformations urbaines à Douala /// Art and Urban Transformations in Douala (Metis Presses, 2017) by its editor, Iolanda Pensa.

MAKING DOUALA 2007-2017 explores the relationship between artistic production and urban transformation in Africa. It does so through the remarkable experience of SUD – Salon Urbain de Douala, an international triennial festival dedicated to public art that was inaugurated in 2007 in Douala, Cameroon, and that has brought a conspicuous number of Cameroonian and international artists to engage with communities of various neighborhoods and the public spaces these relate to in the city.

SUD – Salon Urbain de Douala 
MAKING DOUALA 2007-2017 presents projects and events that have been realized for SUD in 2007, 2010 and 2013 as well as proposals collected for the forthcoming SUD 2017 edition, entitled “The Human Dimension” and planned to take place in December from the 5th to the 10th. SUD as a festival stems from the longtime commitment of doual’art, a non profit cultural organization and art center founded in Douala in 1991 by Didier Schaub and Marilyn Douala Bell, that is dedicated to new urban practices in African cities and to promoting public art. Projects realised for SUD pursue various objectives, including addressing the issue of collective cultural identity by re-installing historical awareness, undertaking infrastructural public interventions or providing inventive solutions to concrete problems, creating identity to areas, locations or places, and improving the public space through public events and shared experiences. SUD is carried out by doual’art in collaboration with ICU art projects, an international artistic project organization based in the Netherlands, & Lucas Grandin.

http://www.ausstellungsraum.ch/index.php/id-news.html

 

A new book about public art, urban transformation and the work done by doual’art

PUBLIC ART IN AFRICA

BY IOLANDA PENSA

“Public Art in Africa examines the role and the impact of art on urban transformation through the introduction of a wide range of contemporary artworks created since 1991 in the Cameroonian city of Douala. These artworks were produced as part of the activities of doual’art, which holds the Salon Urbain de Douala (SUD) every three years and is at the very core of the experience of public art in the city.

catalogue raisonné introduces the reader to a variety of works including monumental and architectural artworks, urban design installations, sculptures, graffiti, murals, happenings, performances and other artistic projects closely tied to the local communities and the urban fabric of Douala. This volume also gives privileged access to the committed point of view of Cameroonian and international artists, as well as museum directors, curators and art critics who are heavily involved in the city’s artistic scene.
Public Art in Africa thus invites the reader on a journey within a global socio-political discourse on the role of art in contemporary society.”

Public Art in Africa

Parole à la jeunesse – Inauguration de la fresque murale au Collège St-Michel

Préparation du festival d’art public SUD2017

Parole à la jeunesse

Inauguration de la fresque murale au Collège St-Michel le le 9 février 2017. Cette fresque a été réalisée par sept élèves du Collège encadrés par les artistes Hervé Yamguen et Justin Ebanda lors d’un atelier de peintures et de dessins. L’inauguration a donné l’opportunité à ces élèves de parler d’une même voix des droits auxquels ils sont particulièrement sensibles et qu’ils ont tenu à représenter sur  le mur dans l’enceinte de leur établissement.

Parole à la jeunesse – Inauguration de la fresque murale au Lycée bilingue de Bépanda

Préparation du festival d’art public SUD2017

Parole à la jeunesse

Inauguration de la fresque murale au Lycée bilingue de Bépanda. Le 8 février, c’était au tour des élèves du Lycée Bilingue de Bépanda, en présence de leurs parents, d’inaugurer leur fresque murale toujours sur le thème des droits fondamentaux. Ce travail a été encadré par les artistes Hervé Youmbi, Jean-Jacques Kanté et Jean David Nkot.

Parole à la jeunesse – Inauguration de la fresque murale au Lycée Technique de Koumassi

Préparation du SUD2017

Parole à la jeunesse

Sur la thématique des Droits fondamentaux, une fresque murale a été inaugurée le 7 février à 15h au Lycée Technique de Koumassi par son proviseur et arrosée par l’un des censeurs de l’établissement. Ensuite a eu lieu dans la salle René Douala Manga Bell le vernissage de l’exposition des peintures et dessins des élèves des trois établissements partenaires (le Lycée Bilingue de Bépanda, le Collège St-Michel et le lycée technique de Koumassi), , en présence de quelques parents. La fête a été animée par une prestation de danse des élèves du club dédié, sur une chanson d’Afoh Akon.

FESTIVAL SUD2013 – Festival d’art public dans la ville de Douala, Cameroun

Troisième édition du festival triennal, SUD2013 a pour thème « Douala Métamorphoses » et se déroulera du 3 au 10 décembre 2013.

La métamorphose, telle que l’entend doual’art, désigne la transformation créative d’un espace urbain spécifique. Pour SUD2013, les interventions artistiques dans l’espace public sont désormais pensées à l’échelle d’un quartier, d’une place, d’un carrefour ou d’un lieu-­dit. La mutation doit s’opérer à travers un aménagement esthétique global : à la fois artistique, social et économique. Elle participe à l’invention d’une identité partagée par l’ensemble des citadins.

Plus qu’une simple suite aux éditions précédentes, Douala Métamorphoses est un approfondissement des réflexions portées par doual’art sur la citoyenneté urbaine, sur l’appropriation conviviale et responsable de l’espace public par les habitants de Douala. Dans un contexte plus large, cela interroge également le rôle de l’art dans la médiation entre les différente strates de la société pour l’humanisation et l’identité des mégapoles camerounaises.

Pour de telles métamorphoses urbaines, doual’art met en œuvre des collaborations transdisciplinaires entre architectes, artistes et designers. Cette année, les artistes du Cameroun proposent également des projets « off » qui vont enrichir les festivités du SUD2013.

Les projets seront soutenus et raisonnés par deux rencontres Ars&Urbis, l’une régionale en novembre, l’autre internationale en décembre 2013.

D’autres projets se dérouleront également de manière transversale dans le reste la ville, créant ainsi de nouveaux parcours de découvertes de Douala.

Une centaine de festivaliers sont attendus de l’étranger et des milliers de personnes de la ville seront impliquées.

SUD2013 intervient dans 4 quartiers de Douala :

  • Ndogpassi III, quartier non structuré et densément peuplé
  • ­Bonamouti-Deido, quartier « village de pêcheurs »
  • Bonanjo, quartier administratif déserté à la clôture des bureaux
  • Bessengue-Akwa, quartier d’habitat spontané densément peuplé

Le programme est visible ici : français et anglais.

Le logo du SUD2013 a été conçu par Ferdinand Dervieux.

 

THEATRE SOURCE – Didier Schaub
Philip Aguirre y Ortega (Belgique)
Ndogpassi III, bloc 4p source
Après sa résidence à Douala en janvier 2010, Philip Aguirre a décidé de réaliser Source, un aménagement artistique qui renforce l’aspect amphithéâtral du site de la source naturelle du quartier Ndogpassi 3. « Théâtre Source » est un amphithéâtre en béton, conçu par l’artiste belge Philip Aguirre pour SUD 2013, et construit avec l’aide de l’architecte Mauro Lugaresi. Selon le thème de SUD2013, l’artiste a décidé de métamorphoser la forme naturelle de la zone entourant la source d’eau de Ndogpassi III avec une structure typique de la Rome antique. « Théâtre Source » présente six niveaux de gradins s’étendant sur plus d’une vingtaine de mètres de longueur, desservis par 3 volées d’escaliers d’une trentaine de marches, permettant d’accéder aux trois plateaux scéniques.. L’installation permet de loger près d’un millier de personnes. Le processus de production de « Théâtre Source » a duré trois ans, ce qui a nécessité une longue médiation avec la communauté locale. Ndogpassi III est un quartier informel isolé et marginalisé sur Douala, habité par la population immigrée depuis les dix dernières années. Philippe Aguirre a été inspiré par ce terrain naturel formé de paliers de boue à plusieurs niveaux descendants à la seule source d’eau de Ndogpassi III. La source est située au niveau du sol, au centre du « Théâtre Source », et il reste un important point de repère pour les habitants, en particulier les femmes et les enfants, qui l’utilisent pour s’y rencontrer, pour bavarder et jouer au football. Les escaliers latéraux de l’installation facilitent le passage en reliant de nouveau deux routes détruites auparavant.

CAMEROONIAN HEROES
Hervé Youmbi (Cameroun)
Jardin de doual’art, Place du Gouvernment, Bonanjo
« Camerounais Heroes » représente les portraits de cinq hommes politiques Camerounais qui, à différentes périodes historiques, se sont battus et sont morts pour l’indépendance: Ernest Ouandi, Ruben Um Nyobé, John Ngu Foncha, Felix Moumié, et Rudolf Douala Manga Bell. Malgré leur popularité, l’establishment politique actuel refuse de les honorer. Youmbi a décidé de rendre hommage à ces héros de la résistance, symboliquement, en leurs dédiant des noms de rues, visibles sur des plaques de rues en métal accrochées sous chaque portrait. Chaque plaque présente, en plus du nom de l’homme politique, sa date de naissance et de décès, et deux drapeaux. Le premier est le drapeau Camerounais, pour indiquer le pays d’origine de chaque personnalité. Le deuxième drapeau, appartient, lui, à la nation qui a causé la mort de l’homme politique représenté. Une autre corrélation est évidente dans les différentes formes des plaques métalliques: chacune d’elle a été choisie en fonction de la plaque typique des rues qu’il est possible de trouver dans le pays considéré comme coupable de la mort de chaque homme politique. Avec ce geste symbolique, l’artiste entend consacrer aux héros Camerounais les rues de Paris, Berlin et Yaoundé.

FESTIVAL SUD2010 – Festival d’art public dans la ville de Douala, Cameroun

La deuxième édition du SUD, Salon Urbain de Douala, festival triennal d’art public, s’est tenu du 4 au 11 décembre 2010 dans plusieurs quartiers de la ville de Douala. Le thème du SUD2010 est l’eau.

Le processus SUD2010, démarré en 2008, consiste en des chantiers artistiques dans les quartiers, en une réflexion Ars & Urbis sur l’art et la ville et enfin, en une publication trimestrielle, le Liquid.

En janvier 2009, une rencontre internationale organisée à Douala a désigné un collège curatorial constitué de Simon Njami comme curateur général, d’Elvira Dyangani, de Koyo Kouoh et de Didier Schaub, directeur artistique de doual’art, chargé de la sélection des artistes du SUD2010.

Le directeur artistique, Didier Schaub, a désigné Simon Njami en qualité de commissaire général, lequel s’est associé Elvira Dyangani, Koyo Kouoh et Didier Schaub, pour sélectionner et accompagner les artistes participants à cette édition du SUD.

30 manifestations et événements artistiques « in et off » – œuvres d’art public, performances, installations temporaires d’extérieur – portant sur le thème de l’eau et la ville ont été offerts aux habitants de la ville de Douala et aux festivaliers venus de l’étranger.

Le processus conduisant au SUD2010 a démarré en 2008, avec des chantiers artistiques, les Liquid projects menés par 4 créateurs locaux dans leurs quartiers de vie, en collaboration avec des jeunes voisins. Simultanément, un programme de résidences artistiques de courte durée (15 jours à 1 mois) a permis aux 14 artistes invités de l’étranger de réaliser des interventions artistiques dans différents quartiers de la ville y compris dans les zones d’habitat populaire.

SUD2010, dans son processus, a été l’occasion de produire de l’information sur les quartiers d’intervention et sur l’évolution des projets artistiques, information diffusée, entre autres, dans la publication trimestrielle Liquid.

Enfin, une série de 4 conférences ont enrichi la réflexion multidimensionnelle sur la relation de la ville à l’eau.

Le logo du SUD2010 est signé par Sandrine Dole, designer française résidant à Marrakech, invitée par doual’art.

Ce dernier annonce la couleur de l’événement qui s’est tenu en décembre prochain. L’eau, thématique du SUD2010, est non seulement signifiée par la gamme chromatique des bleus, mais se révèle également dans la partie supérieure par le découpage oblique du fond, rappelant les eaux qui s’abattent continuellement sur la ville de Douala en saisons des pluies ( environ 5 mois par an). La silhouette de la Pagode (ancien palais des rois Bell) située au quartier administratif de Bonanjo se dessine sur fond bleu par soustraction de couleur.

Accentué par le mouvement oblique des rayures et du texte de la partie inférieure, le format rectangulaire du logo renvoie directement aux codes-barres.

Au-delà de la nature économique et numérique de ce symbole de la modernité occidentale, on peut concevoir la présence de ce signe comme le témoignage d’une incursion des nouvelles technologies dans la création artistique contemporaine.

 

Le Jardin Sonore 
Lucas Grandin (France)

Bonamouti Deïdo, Douala 1er

En Février 2010, Lucas Grandin a commencé à construire son Jardin Sonore, une structure en bois construite sur trois étages à la fois point de vue panoramique sur le fleuve Wouri, jardin botanique et orgue de percussion de gouttes d’eau. Le travail de Lucas Grandin a suscité l’intérêt passionné des habitants du quartier, la création d’un lieu de socialisation et de contemplation couvrant la cacophonie urbaine par ses gouttes d’eau. Pendant SUD 2010, l’artiste a engagé les habitants de Bonamouti, dans le processus de production (par des réunions préparatoires), sur la requalification de la zone (utilisée avant comme dépôt sauvage tombant dans le fleuve), et sur l’élaboration de la structure du bâtiment. Le jardin botanique, situé dans le périmètre de la structure en bois, accueille des fleurs, des plantes cosmétiques, des épices et des plantes thérapeutiques. Le Jardin Sonore est équipé d’un système d’irrigation durable par “goutte à goutte”, qui permet d’atteindre une autonomie en eau allant jusqu’à 6 mois. L’eau de pluie est collectée , stockée dans des barils puis distribuée via des tubes transparents au jardin vertical en utilisant un système de goutte à goutte hydroponique. Ce système permet de ne pas perdre d’eau et, en même temps, ne nécessite pas un arrosage régulier de la part des habitants.

Face à l’eau
Salifou Lindou (Cameroun)
Bonamouti Deïdo, Douala 1er

Chaque jour, les piroguiers pêcheurs de Bonamouti se lavent nus ici avant de remonter sur la berge. Salifou Lindou a réaménagé le sentier, a conçu cette installation de paravents pour cacher les corps au regard des habitants, et a fixé tablettes, patères et porte serviettes au verso des paravents.

La Colonne Pascale
Pascale Marthine Tayou (Cameroun)

Rond-point Shell New-Bell, Douala 2ème
Totem composé de marmites en email dont les ménagères se servaient dans le passé pour préserver la nourriture et la boisson, La Colonne Pascale est une ligne dynamique simple et épurée s’élevant dans le ciel, implantée au coeur d’un rond-point extrêmement animé du quartier New Bell à Douala. L’intention de l’artiste était de rendre hommage aux femmes africaines donnant de la valeur à la culture culinaire de la tradition camerounaise. Néanmoins, l’oeuvre est devenue objet de débats et de tensions des résidents locaux. Les controverses dépendent à la fois de la position physique de la Colonne Pascale, liée à des événements historiques (la place était l’épicentre des émeutes qui ont conduit à l’indépendance du pays), et pour son interprétation symbolique, puisque, selon de nombreuses personnes l’oeuvre d’art met en évidence la pauvreté de New Bell.

Les Mots Écrits
Hervé Yamguen (Cameroun)
New-Bell Ngangue, Douala 2ème

Les Mots Écrits de New Bell est un ensemble de six installations murales par Hervé Yamguen. Ce projet fait partie des «projets liquides», un programme de SUD2010 qui a financé la production d’oeuvres d’art permanentes (dédié au thème de l’eau) dans les quartiers de résidence de quatre artistes locaux. Dans New Bell, Yamguen a travaillé en collaboration avec deux rappeurs locaux, Picsou et Moctomoflar, les engageant dans l’enregistrement (et la production) d’un album de quatre chansons sur l’eau. Au cours du processus de production, l’artiste a également invité les jeunes et les habitants a participé au projet à travers des spectacles de nuit et des réunions. Des paroles des rappeurs, Yamguen a extrait des fragments de texte, pour les reproduire sur six façades de quartier de Ngangue qui ont été spontanément offertes par la population locale. Les Mots Écrits de New Bell ont été produits avec différents matériaux: néons, mosaïques de carrelage, miroirs, barres de fer, et peinture. Les fragments de texte sélectionnés par Yamguen illustrent clairement la réalité de la misère et l’espoir des habitants de New Bell.
Les textes:
1 Après le temps mort vient le temps vif comme un coup
de foudre. Ne pleure pas maman, tous les yeux de la ville
pleuvent sur moi. Tranquille papa on ne panique pas;
2 La vie saine, la joie de se sentir bien, l’envie de vivre de bonheur;
3 Se sentir bien;
4 La nuit le bonheur c’est dans les moustiquaires;
5 Wash ma life, Lave mon âme; Wash mes ways, Lave mon
kwatt; Dans les eaux sales du quartier, dans ma ruelle,
ma jeunesse rebelle.

FESTIVAL SUD2007 – Festival d’art public dans la ville de Douala, Cameroun

Le SUD 2007 s’est déroulé du 9 au 16 décembre 2007.

Les artistes ont eu le champ libre pour travailler sur des thématiques urbaines spécifiques à la ville de Douala. L’ensemble des propositions artistiques ont abordé des sujets brûlant ou d’actualité : tradition/modernité, rurbanité et bruits de la ville, mobilité urbaine, poétique de l’éclairage urbain, petits métiers de « seconde zone », monde de l’art bafoué par les politiques culturelles, intégration continentale africaine, repère historico-géographique…

Performances, installations temporaires, happenings ont animé la vie de la cité, laquelle qui s’est également enrichie de 3 œuvres d’art public contemporain ainsi que d’équipements publics (borne-fontaine et passerelle) dessinés par des créateurs.

Les créateurs invités au SUD 2007 étaient en majorité camerounais (12 si on considère les membres de collectifs), mais également français (3) et africains (2 – Maroc et Congo). Les 5 artistes étrangers ont travaillé sur leurs projets dans les jours qui ont précédé le festival, après une première résidence à Douala effectuée dans le courant de l’année 2007.

Deux conférences, l’une ayant pour thème La Nouvelle Liberté et son impact, l’autre portant sur les méthodologies de l’impact de la création sur l’urbain, ont prolongé la réflexion Ars & Urbis entamée en décembre 2005, à Douala.

La projection du film Les bacchantes de Jean-Pierre Bekolo et un concert de musique hip hop de rappeurs camerounais ont agrémenté le SUD d’une esthétique très urbaine.

Le SUD2007 a été porté par l’association doual’art en collaboration avec la fondation iStrike.

La Nouvelle Liberté
Joseph-Francis Sumégné (Cameroun) 1996 – 2007
Rond-point de Deïdo, Douala 1er

Installée sur son socle provisoire en juillet 1996 dans un carrefour essentiel de la ville, la sculpture a fait l’objet d’une violente polémique tribaliste, l’artiste étant natif d’une autre région que Douala. Faite d’assemblage de matériaux de récupération, illustration d’une pratique courante de l’économie informelle du Cameroun, l’oeuvre symbolise une Liberté en effort pour rester debout. Elle a pu enfin être achevée et inaugurée officiellement en 2007. La Nouvelle Liberté est aujourd’hui considérée comme l’emblème de la ville de Douala.

Sud-Obelisk
Faouzi Laatiris (Maroc)
Carrefour Chanas, Bonanjo, Douala 1er

Cet obélisque de marbre noir établit un dialogue formel entre son pyramidion de métal doré et le clocheton du Palais des Rois Bell, remarquable construction d’architecture coloniale allemande du début du XXème siècle situé juste derrière lui. Il est un hommage à la relation forte que les habitants de la ville établissent avec les rites funéraires. Sur les quatre faces du fût, sont inscrits en caractères latins et en calligraphie arabe les noms de villes du monde qui possèdent un obélisque et une institution artistique de référence.

L’Arbre à Palabres de Bonambappe
Frédéric Keiff (France)
Jardin du tombeau des Rois Bell, Bonanjo, Douala 1er

Cet arbre de métal et de verre, qui était destiné à occuper le site d’un ancien baobab sacré au quartier Bonambappe sur la rive droite du fleuve, a été finalement installé à Bonanjo, rive gauche, dans un jardin à proximité du tombeau des Rois Bell, à la suite du refus, par le chef de Bonambappe de voir une oeuvre contemporaine s’implanter sur le site de l’ancien arbre mort, qui accueille aujourd’hui une fosse à ordures.