PROJETS

INTRODUCTION SUR LES PROJETS SUD2017

16 artistes contemporains internationaux, dont 11 du continent africain ont été invités et sélectionnés par la curatrice générale du SUD2017, Cécile Bourne-Farrell pour produire des œuvres pour l’inauguration de ce festival qui valorise la ville dans un monde où lutter contre l’incivilité fait partie du quotidien.

Les projets proposés de ces artistes qui seront présentés dans la suite du document sont reparties  sur 3 orientations en rapport avec le thème du festival :

L’ancrage à l’histoire

(Projets de Sylvie Blocher, Jean-David Nkot, Justin Ebanda). L’humain a un rapport au passé. Nous sommes humains parce que nous avons une histoire, parce que nous portons une histoire, parce que nous appartenons à une trajectoire historique.

L’art et l’urbain

(Projets d’Ivan Argote, Mustapha Akrim, Justine Gaga, Lucas Grandin, Michèle Magema, Kamiel Verschuren, Hervé Youmbi). L’humain a un rapport à l’espace et à l’autre (l’alter). Le cadre de vie, selon son aménagement, renforce ou non notre humanité. Les aménageurs urbains stimulent (ou non) le vivre ensemble.

Parole à la jeunesse:

(Avec en particulier les préoccupations d’Erik Goengrich, Chourouk Hriech, Jean-Jacques Kanté, Kamile Verschuren, Hervé Yamguen, Hervé Youmbi, Emile Youmbi). L’humain existe aussi par son récit et sa prise de parole publique. Cette parole partagée peut aussi l’aider à s’émanciper et à s’évader du réel… L’humain est capable d’utopie et de rêve.

En novembre, les projets portés par les 16 artistes  camerounais et internationaux, seront finalisés. «  La Place de l’Humain » sera interprétée et matérialisée par des œuvres pérennes ou temporaires dans 4 arrondissements, 5 quartiers (Bonanjo, New Bell Ngangue, Bépanda, Ndogpassi III Bloc-Source, Nkongmondo) et 4 établissements scolaires de Douala (Lycée technique de Koumassi, Collège St-Michel, Lycée bilingue de Bépanda,  Ecole primaire New-Bell Aviation). Simultanément, des rencontres Ars & Urbis coordonnées et animées par la curatrice Elvira Dyangani Ose et la philosophe-journaliste Séverine Kodjo-Grandvaux permettront de réfléchir sur les thématiques soulevées par les projets artistiques.

ERIK GOENGRICH (ALL)

The Arena of Humanity and the right of business

Projet :

L’artiste propose d’aménager la cour du Lycée avec une arène en  parpaings dont les assises sont en bois récupérés des tables-bancs cassées. Cela améliorera le confort des élèves, lors des récréations. Des panneaux vierges seront disponibles pour recevoir le nom des métiers auxquels les élèves aspirent. Incitation à se projeter sur un désir professionnel.

Thématiques abordées :

Droit au travail – Parole à la jeunesse (plateforme d’échanges) – aménagement humain-urbain.

LUCAS GRANDIN (FR)

Bépanda, Regarde-toi !

Projet :

L’artiste propose de coller des miroirs découpés en petits morceaux (pour éviter les risques d’accidents) sur deux murs en vis-à-vis dans l’enceinte du Lycée. Des mots d’enfants recueillis lors d’un atelier d’expression sur « La Place de l’Humain » seront peints  sur des bulles et des pancartes. Devant leur image réfléchie sur le miroir, les élèves pourront s’amuser à poser sous telle ou telle phrase, se lire  et se redécouvrir.

Thématique abordée : Parole à la jeunesse

JEAN JACQUES KANTE (CMR)

Boite à suggestion

Projet :

L’artiste se propose de réaliser 4 silhouettes en métal évidé fixées sur le mur de façade extérieure du lycée, face à l’actuel terrain de football. Ces personnages anonymes représentent une scène très familière dans le domaine du sport : échange de fanion entre deux équipes. Sur le fanion est inscrit l’Article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Une boite à suggestion tenue par les personnages, est destinée au recueil d’écrits d’élèves et de passants, dont le contenu sera ensuite exploité par le club ECM (Education à la Citoyenneté et à la Morale)..

L’artiste animera donc un atelier avec les élèves pour faire vivre cette boite à suggestion et son contenu.

Thématiques abordées :

Parole à la jeunesse – Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

MICHELE MAGEMA (RDC/FR)

Le cercle

Projet :

L’artiste propose d’aménager, sur l’actuelle décharge publique à la sortie de l’établissement, une placette de forme circulaire d’un diamètre de 5 à 6 mètres. Un « E-tree » (arbre électronique permettant un accès internet sans fil et gratuit) posé sur un sol pavé de bétons multicolores sera encerclé d’assises pour le confort des habitants.  L’arbre alimenté par des panneaux solaires qui libèreront une énergie électrique et assureront l’éclairage nocturne pourra assurer la recharge de batteries de téléphones portables.

Cette placette deviendra un lieu de convergence local pour les habitants  qui grâce au wifi, seront  connectés au monde entier.

Thématiques abordées :

Parole à la jeunesse  – droit à la communication – aménagement humain-urbain

KAMIEL VERSCHUREN (NL) ET LUCAS GRANDIN (FR)

Les équipes des Nations Unies

Projet :

Les deux artistes proposent de produire des t-shirts ou des chasubles de sport sur lesquels, sous le numéro des dossards, seront imprimés certains articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Ces tenues de sport, réservées à l’usage de l’équipe de foot de l’établissement et portées pour l’entrainement préalable à des compétitions sportives, feront de ces joueurs des  ambassadeurs de la Déclaration et un outil de sensibilisation des spectateurs de toutes origines. Les artistes souhaitent inaugurer ces tenues en décembre lors d’un match de football amical entre l’équipe de lycée et une équipe constituée d’artistes, avant de les offrir à l’établissement pour des futures compétitions.

Thématique abordée : Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

CHOUROUK HRIECH (FR/MR)

Conte de Douala: Quoi l’humain??

Le projet

L’artiste propose à une trentaine  d’élèves de l’Ecole New Bell aviation d’observer des  photographies dessinées de la ville de Douala qu’elle a réalisé en octobre 2016, en leur permettant d’en dégager chacun une histoire et de la raconter. Une vidéo préenregistrée de ces moments de partage et d’émerveillement, fera l’objet d’une projection pendant le festival d’art public SUD2017 à l’intérieur d’une salle de classe de l’Ecole Publique New-Bell aviation prévu du 5 au 10 décembre à Douala.

Thématiques abordées : Parole à la jeunesse, l’Homme et son environnement

EMILE YOUMBI (CMR)

Living together

Projet :

L’artiste propose une performance de « Lâcher de 112 ballons ». Sur chacun des ballons colorés, seront imprimés des articles ou des mots relatifs au Vivre Ensemble.

Chaque ballon sera offert à un passant, lequel est invité à écouter la lecture du texte imprimé sur son ballon. Il lui sera ensuite recommandé de lire lui-même à haute voix. Puis l’artiste donnera le signal du « Lâcher de ballons », lesquels s’envoleront vers des destinations inconnues !

La performance aura lieu autour de la Colonne Pascale et sera animée par des danses et musiques traditionnelles.

Thématiques abordées : le Vivre ensemble-Droits de l’Homme-Droits de l’enfant

HERVE YAMGUEN (CMR)

Chaises de la dignité

Le projet :

L’artiste propose d’aménager la cour de l’école publique New Bell aviation, avec 6 chaises/sculptures métalliques portant des mots et signes qui sont une interprétation des droits de l’enfant. Les signes seront soumis aux enfants de l’école par l’artiste et les enseignants pour qu’ils se les approprient et en deviennent les ambassadeurs. Un poster de ces signes sera remis aux élèves. Le projet sera enrichi par la réhabilitation des toilettes de l’école.

Thématiques abordées : Convention relative aux droits de l’enfant

HERVE YOUMBI (CMR)

DUDH

Le projet :

L’artiste propose un projet qui prend la forme de plaques de rues comportant des mots provenant la parole de jeunes du quartier recueillie par l’artiste concernant leurs aspirations à des droits fondamentaux.  Ceux-ci seront traduits en camfranglais, langue locale et inscrits sur 5 plaques aluminium et rivetés sur 5 murs. La peinture est luminescente. Les articles/textes sélectionnés sont réécrits dans une langue populaire.

Thématiques abordées : Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

TRINITY SESSIONS (ZA)

Dream pressure tester

Le projet :

Les artistes proposent d’installer dans le quartier une sorte de navire gonflable, un traducteur poétique et un outil de mesure pour le désir humain. Il s’agira de demander à un groupe d’habitants de dessiner et d’écrire leurs rêves d’abord sur papier, puis sur un gros ballon gonflable placé dans l’espace et qui déforme les illustrations et le texte en exerçant une pression sur l’espace qu’il occupe. Ce processus d’inflation est documenté et transformé en court métrage.
Les films d’inflation et les dessins et les textes photographiés des rêves seront projetés sur un gonflable final lors de SUD sur l’un des sites. Lesquelles vidéos seront découvertes par une déambulation dans le quartier.
Une série d’affiches de texte et d’image est faite pour que le site soit laissé derrière avec la trace du gonflable.

Thématiques abordées : Droit à l’égalité, droit à la protection sociale.

IVAN ARGOTE (CO/FR)

Le  chemin des conversations

Le projet :

L’artiste propose de remplacer les couvertures de caniveaux endommagées par de nouvelles, en béton coloré, créant ainsi un parcours à la découverte de mots récurrents extraits la Déclaration des Droits de l’Homme : égaux, dignité etc

Les caniveaux seront recouverts au travers d’une performance qui commencera par une animation musicale et vocale par Papa Douala, une caravane de la ville. Les caniveaux seront transportés de leur lieu de fabrication au lieu d’installation par des tricycles. Et l’artiste à l’aide de quelques assistants posera les caniveaux.

Thématiques abordées : Déclaration Universelle des droits de l’Homme, l’art dans   l’espace urbain.

JUSTIN EBANDA (CMR)

La station de la mémoire

Le projet :

L’artiste propose de participer à la réhabilitation du passé, en passant par l’histoire des héros camerounais à la lumière de la Déclaration des Droits de l’Homme. L’artiste questionne la véracité de l’Histoire transmise aujourd’hui ainsi que les canaux utilisés dans ce processus de transmission.

La Station de la mémoire » est une peinture murale sur la surface d’un arrêt-bus abandonnédevant le Collège St Michel à Douala, dont lachromatique dominante gravite dans l’univers des tons (gris, noirs et blancs) et des graffitis comme le drapeau français par exemple. La démarche de l’artiste s’appuiera sur des entretiens enregistrés entre lui et des patriarches tels que David Ekambi, Prince Kum’a Ndoumbe, Valère Epée et bien d’autres. Ensuite, à la lumière de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et après retranscription des enregistrements, il sélectionnera et mettra en relief dans son installation les mots récurrents qui caractériseront non seulement la charge combative de ces héros mais aussi ce qui les singularise.

Thématique abordées : Droit à l’histoire, au patrimoine, à la mémoire etc

MUSTAPHA AKRIM (MR)

Article 1

Le projet :

L’artiste se propose de la sensibiliser le grand public sur la connaissance des droits inhérents à la personne humaine. L’artiste marocain propose la réécriture du premier article des droits de l’homme en béton armé en relief sur la  façade gauche extérieure du lycée technique de Koumassi. Le texte sera peint en peinture phosphorescente pour une meilleure lecture dans la nuit.

Thématique abordées : Article 1 sur l’égalité, la dignité

JUSTINE GAGA (CMR)

The burden/the load

Le projet :


L’artiste propose d’embellir un carrefour de la ville par une sculpture en métal   sous la  forme  d’un amas de  cercles (des roues de bicyclette)  pose sur un chariot (une sorte de chariot  transportant des produits) elle sera ensuite recouverte par des objets qui sont en fait des gadgets sur lesquels sont inscrits des mots qui nous interrogent sur la question de la place de l’humain

Elle commence par une performance qui consiste à inviter le public à s’emparer  gratuitement d’un gadget sur le chariot et de découvrir ce qui est inscrit dessus. Au fur et à mesure que les gadgets se vident du chariot on voit apparaitre  progressivement l’œuvre  qui est en fait une sculpture en métal.  La sculpture sera donc vue en grandeur, environ 3m de hauteur avec des mots  gravés sur les pneus des roues (qui nous interrogent sur la question de la place de l’humain).

Thématique abordées :         

La place des personnes dans notre société.   L’enfermement dans lequel nous vivons, par exemple  la fermeture des frontières, les écarts  entres  les classes, les violences effectuées sur des personnes, et aujourd’hui parler de la place de l’humain ne relève-t-il pas de l’utopie ?

SYLVIE BLOCHER (FR)

Bien que je sache ne pas en avoir le droit, je vous présente toutes mes excuses

Le projet :

L’artiste propose une fausse statue totalement plate Elle est plus grande que la taille humaine, mais pas non plus monumentale. Elle tient debout plantée dans le sol Elle est installée sur un rondpoint La statue est un autoportrait photographique Je regarde devant moi ceux qui vont me regarder Je tiens devant moi, à hauteur de poitrine, un carton plat recouvert de peinture d’école verte sur laquelle est écrit à la craie la phrase suivante : BIEN QUE JE SACHE NE PAS EN AVOIR LE DROIT, JE VOUS PRESENTE ICI TOUTES MES EXCUSES.

L’autoportrait est imprimé puis découpé sur les deux côtés d’une plaque d’aluminium épaisse Il n’y a pas d’explication qui accompagne l’œuvre. Elle est archivée en intérieur (Doual’art) par 3 vidéos : Ma rencontre avec David Ekambi, L’apprentssage des 5 orthographes du mot Cameroun, une jeune fille qui chante.

Thématique abordées :         

Le rapt de la mémoire, le rapt de l’histoire, de la parole, droit à l’histoire et son ancrage.

KAMIEL VERSCHUREN (NL)

Rewriting the Universal Declaration of Human Rights

Le projet :

L’artiste propose d’utiliser les panneaux publicitaires numériques pour un autre type d’informations autres que commerciales.
La proposition est de faire de courtes vidéos de réécriture des articles, un par un, à la main, et de les montrer entre les vidéos commerciales. C’est un jeu intéressant entre l’écriture et la lecture qui prennent du temps en principe.

Thématique abordées :         

Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

JEAN DAVID NKOT (CMR)

Les dits et les non-dits

Le projet :

L’artiste propose à partir du discours de Ruben UM NYOBE prononcé à l’ONU en 1952, de restituer par fragments dans un journal destiné à tous, parce qu’il le considère comme «un discours avant- gardiste dont les idées sont encore d’actualité » (Jean-David Nkot).

L’œuvre est en premier lieu une sorte de trompe-l’œil reconstituant sur une plaque métallique la façade du domicile d’Um Nyobe,  dont les pourtours sont des timbres postaux appartenant à l’univers plastique de l’artiste. Sur les murs sont imprimés en lettres typographiées des extraits du discours d’Um Nyobe.

Parallèlement, l’artiste produira un journal –objet qui rassemblera différentes contributions parmi lesquelles une interview de lui par Cécile Bourne- Farell, la commissaire générale du SUD2017, un texte sur l’histoire de cette période dans la partie anglophone du pays, un autre sur le quartier Nkongmondo, son histoire et l’impact de Ruben Um Nyobe, enfin un dernier sur le bâtiment architectural circonscrit par le mur d’enceinte qui lui-même date de l’époque coloniale.

Thématique abordées :   Ce projet questionne l’histoire, la mémoire, sa complexité, son enfermement mais aussi l’amnésie.