SUD2013

Troisième édition du festival triennal, SUD2013 a pour thème “Douala Métamorphoses” et se déroulera du 3 au 10 décembre 2013.

La métamorphose, telle que l’entend doual’art, désigne la transformation créative d’un espace urbain spécifique. Pour SUD2013, les interventions artistiques dans l’espace public sont désormais pensées à l’échelle d’un quartier, d’une place, d’un carrefour ou d’un lieu-­dit. La mutation doit s’opérer à travers un aménagement esthétique global : à la fois artistique, social et économique. Elle participe à l’invention d’une identité partagée par l’ensemble des citadins.

Plus qu’une simple suite aux éditions précédentes, Douala Métamorphoses est un approfondissement des réflexions portées par doual’art sur la citoyenneté urbaine, sur l’appropriation conviviale et responsable de l’espace public par les habitants de Douala. Dans un contexte plus large, cela interroge également le rôle de l’art dans la médiation entre les différente strates de la société pour l’humanisation et l’identité des mégapoles camerounaises.

Pour de telles métamorphoses urbaines, doual’art met en œuvre des collaborations transdisciplinaires entre architectes, artistes et designers. Cette année, les artistes du Cameroun proposent également des projets « off » qui vont enrichir les festivités du SUD2013.

Les projets seront soutenus et raisonnés par deux rencontres Ars&Urbis, l’une régionale en novembre, l’autre internationale en décembre 2013. D’autres projets se dérouleront également de manière transversale dans le reste la ville, créant ainsi de nouveaux parcours de découvertes de Douala.

Une centaine de festivaliers sont attendus de l’étranger et des milliers de personnes de la ville seront impliquées.

SUD2013 intervient dans 4 quartiers de Douala :

  • Ndogpassi III, quartier non structuré et densément peuplé
  • ­Bonamouti-Deido, quartier « village de pêcheurs »
  • Bonanjo, quartier administratif déserté à la clôture des bureaux
  • Bessengue-Akwa, quartier d’habitat spontané densément peuplé

Le programme est visible ici : français et anglais.

Le logo du SUD2013 a été conçu par Ferdinand Dervieux.

 

THEATRE SOURCE – Didier Schaub
Philip Aguirre y Ortega (Belgique)
Ndogpassi III, bloc 4p source
Après sa résidence à Douala en janvier 2010, Philip Aguirre a décidé de réaliser Source, un aménagement artistique qui renforce l’aspect amphithéâtral du site de la source naturelle du quartier Ndogpassi 3. « Théâtre Source » est un amphithéâtre en béton, conçu par l’artiste belge Philip Aguirre pour SUD 2013, et construit avec l’aide de l’architecte Mauro Lugaresi. Selon le thème de SUD2013, l’artiste a décidé de métamorphoser la forme naturelle de la zone entourant la source d’eau de Ndogpassi III avec une structure typique de la Rome antique. « Théâtre Source » présente six niveaux de gradins s’étendant sur plus d’une vingtaine de mètres de longueur, desservis par 3 volées d’escaliers d’une trentaine de marches, permettant d’accéder aux trois plateaux scéniques.. L’installation permet de loger près d’un millier de personnes. Le processus de production de « Théâtre Source » a duré trois ans, ce qui a nécessité une longue médiation avec la communauté locale. Ndogpassi III est un quartier informel isolé et marginalisé sur Douala, habité par la population immigrée depuis les dix dernières années. Philippe Aguirre a été inspiré par ce terrain naturel formé de paliers de boue à plusieurs niveaux descendants à la seule source d’eau de Ndogpassi III. La source est située au niveau du sol, au centre du « Théâtre Source », et il reste un important point de repère pour les habitants, en particulier les femmes et les enfants, qui l’utilisent pour s’y rencontrer, pour bavarder et jouer au football. Les escaliers latéraux de l’installation facilitent le passage en reliant de nouveau deux routes détruites auparavant.

CAMEROONIAN HEROES
Hervé Youmbi (Cameroun)
Jardin de doual’art, Place du Gouvernment, Bonanjo
« Camerounais Heroes » représente les portraits de cinq hommes politiques Camerounais qui, à différentes périodes historiques, se sont battus et sont morts pour l’indépendance: Ernest Ouandi, Ruben Um Nyobé, John Ngu Foncha, Felix Moumié, et Rudolf Douala Manga Bell. Malgré leur popularité, l’establishment politique actuel refuse de les honorer. Youmbi a décidé de rendre hommage à ces héros de la résistance, symboliquement, en leurs dédiant des noms de rues, visibles sur des plaques de rues en métal accrochées sous chaque portrait. Chaque plaque présente, en plus du nom de l’homme politique, sa date de naissance et de décès, et deux drapeaux. Le premier est le drapeau Camerounais, pour indiquer le pays d’origine de chaque personnalité. Le deuxième drapeau, appartient, lui, à la nation qui a causé la mort de l’homme politique représenté. Une autre corrélation est évidente dans les différentes formes des plaques métalliques: chacune d’elle a été choisie en fonction de la plaque typique des rues qu’il est possible de trouver dans le pays considéré comme coupable de la mort de chaque homme politique. Avec ce geste symbolique, l’artiste entend consacrer aux héros Camerounais les rues de Paris, Berlin et Yaoundé.